Hip Hop : "Yalad", une lumière venue du Tchad

Faire de l'intégration africaine une réalité, un vécu, c'est le pari que sont en train de réussir Daïsson (26 ans) et Hilaire (24 ans), deux jeunes, tchadiens de nationalité, mais, précisent-ils, citoyens africains. Ils animent le groupe " Yalad " (enfant en langue arabe), précédemment dénommé " Kamykaz ". " Lumière ", leur deuxième opus, sera sur le marché dans les prochains jours.

Depuis plus de huit mois au Sénégal, Daïsson et Hilaire ont déjà sillonné d'autres contrées de l'Afrique de l'Ouest. Les " Kamykaz ", qui ont conquis les mélomanes ivoiriens, ont déjà bousculé les hit-parades du pays d'Alpha Blondy. Avec le fameux titre " latfakat " donné à leur premier album, les jeunes Tchadiens ont posé leur balluchon à Dakar. Le choix de la capitale du Sénégal est évident pour eux. " Dakar est la plaque tournante du rap en Afrique " se plaisent-ils à souligner.

À Dakar, ces habitants de Dieuppeul ont vite intégré le milieu hip-hop sénégalais. Ouverts à toutes les sonorités, prêts à échanger avec les autres, ils ont travaillé dur avec l'appui et la complicité du Positive Black Soul. Un album est en cour de réalisation. Il devrait sortir dans les prochains jours. Daïsson et Hilaire l'appellent " Lumière ". Ce deuxième opus est la preuve sonore de l'universalité des thèmes qui interpellent les Africains de Dakar à Ndjaména dans une Afrique rattrapée par la mondialisation. Les férus du rap ne s'y tromperons pas, " Yalad " présente un répertoire à la fois riche, diversifié et d'actualité. Si Dieu, l'amour et la drogue marquent leur forte présence dans la nouvelle production, l'attachement à l'Afrique et à ses figures emblématiques y est aussi mis en exergue. En témoigne : le titre " Sankara et Fela ". Plus qu'un hommage, c'est un hymne composé en l'honneur de ces héros de la jeunesse africaine.

RAPPEUR DE L'UNIVERSEL

Le groupe " Yalad ", grâce à l'universalité de ses messages, transcende les frontières et s'adresse à tous les peuples. Le plurilinguisme est aussi un de ses atouts. L'album " lumière " en est une parfaite illustration. On passe du français, de l'arabe, au ouolof, sans oublier le soumraï et le Ngambi, deux langues du Tchad. Leur intégration dans le milieu du rap sénégalais a été facile. " Les relations avec les rappeurs sénégalais sont au beau fixe ", nous confie Daïsson. La preuve d'une telle intégration est le duo qu'ils ont réalisé avec le PBS, groupe dans le studio duquel ils ont enregistré " lumière ".

La ténacité et la persévérance, prix de la sagesse, gagnée à travers les expériences engrangées avec les années qui passent, sont les maîtres-mots de Daïsson et Hilaire. Leur parcours parle de lui-même. Alors qu'ils étaient en classe de terminale, ils n'ont pas hésité à rompre les amarres de l'école française pour intégrer le monde de la musique. La musique, plus particulièrement le rap, leur offre une chance de vivre leur passion en attendant d'en vivre lors d'un festival international organisé en Côte d'Ivoire. La cause était entendue pour ces natifs du pays d'origine du rappeur français MC Solaar.

La vie à Dakar n'est pas toute simple, mais la musique étant un art qui faut vivre son homme sous nos cieux, les " kids " tchadien profitent encore de leur premier album dont les droits d'auteur leur font vivre. Par leur second album, bientôt sur le marché, Daïsson et Hilaire espèrent conquérir l'Afrique et le monde à partir de Dakar. Une légitime ambition pour ces citoyens d'Afrique, rappeurs de l'universel.

© Le Soleil (www.lesoleil.sn)

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