FESTIVAL AMY KEUR-GUI - Rap, mbalakh et chorégraphies pour un coup d’essai

“ Nous sommes tous égaux. Que l’on vive sur Terre ou dans l'au-delà ”, chante le groupe de rap “ Yat Fu ”. Ce "posse" qui a joué avec Bill Diakhou a encore hurlé son réquisitoire contre l’injustice, la corruption, l’insalubrité dans les hôpitaux… Mais le public black and white n’est pas aux anges, ici dans les jardins de la Maison de la Culture Douta Seck où le ballet Amy Keur Gui a organisé dimanche dernier son premier festival. Les festivaliers ne semblent pas du tout conquis par les décibels et les chœurs des différents groupes qui se succèdent sur le podium. Ils sont restés sages, assis sur leur chaise où à même le gazon. Le groupe “ Yat Fu ”, qui s’est produit après un "bœuf" entre Nicks et Abbass, a cédé la scène aux rappeurs du “ Da Brains ”. Le public a juste timidement fredonné “ Assalo ”, un tube de la bande à Bakhaw avec comme "featuring" le crooner Thione Balago Seck. Et, c’est le “ Xalima ” de Dieuppeul qui met fin à la première partie du festival, en jouant un mélange de folk, de reggae et de mbalakh.

Pour la deuxième partie, le “ Pee Froiss ” chauffe un peu le public, après une création traditionnelle exécutée par les stagiaires du chorégraphe Madiop Fall, organisateur du festival. Après quinze jours passés à Yeumbeul, ces Lillois ont présenté aux festivaliers une belle partie de danse. Mais ce sont Doudou Ndiaye Rose, le célèbre maître du tambour, et le chanteur Baaba Maal qui ont été les grandes vedettes de la soirée. Une soirée qui n’a pas confirmé toutes ses promesses. En plus d’un maigre public, les caprices de la technique n’ont pas contribué à la réussite de la première édition du festival Amy Keur Gui.

Cependant, pour un coup d’essai, cela a quand même été, malgré tout, une réussite, si l’on en croit Madiop Fall. “ Initialement prévu pour trois jours, le festival n'a duré qu'une seule journée pour des problèmes de finances. Dans le programme initial, figuraient les rappeurs français MC Solaar et Passy, ainsi que les chanteurs Viviane Ndour et Omar Pène. Faute de moyens, nous n'avons pas pu les décrocher. Il faut dire que nous n’avons pas eu le soutien financier que nous attendions des autorités sénégalaises.

Le ministère de la Culture a juste mis à notre disposition la Maison de la Culture Douta Seck. C’est plutôt le gouvernement français qui nous a soutenus financièrement ”, déplore l'organisateur. Le festival est la clôture d’un stage de quinze jours des élèves du ballet Amy Keur Gui créé depuis 1998 à Lille. Malgré les couacs de cette année, Madiop Fall compte bien relever le défi pour la prochaine édition.

BABACAR DIOP © Le Soleil (www.lesoleil.sn)

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