Afrique: Les artistes dessinent la voie pour le gouvernement continental

es politiciens n'ont pas réussi à faire passer le message du président Nkrumah, lancé au lendemain des Indépendances. Et c'est une raison suffisante pour permettre aux acteurs culturels, qui font le constat, d'avoir droit au chapitre sur un projet aussi ambitieux que celui de l'Union africaine.

Quand ils ont été conviés ce lundi par le chef de la diplomatie sénégalaise, Cheikh Tidiane Gadio, pour participer aux échanges sur la pertinence du futur gouvernement de l'Union africaine (qui sera au coeur du sommet d'Accra, prévu à partir de ce dimanche 01 juillet), les acteurs culturels n'ont pas eu du mal à partager le fruit d'une réflexion longtemps menée sur le devenir de l'Afrique.

Et c'est parce que le problème des Etats-Unis d'Afrique, tous les acteurs (qu'il s'agisse des écrivains, des musiciens, des plasticiens ) en ont déjà parlé dans leurs oeuvres, remarque Marouba Fall. Ainsi, ajoute le dramaturge dans ce contexte de la mondialisation, où les Africains manquent de repères, cela permet de reposer la question de l'éducation des enfants du continent.

C'est pourquoi, les dirigeants doivent penser à réformer le système éducatif en général.

Aujourd'hui, les intellectuels ont tout à gagner de voir le projet de mise en place d'un gouvernement continental aboutir, estime l'écrivain Seydi Sow. Parce qu'à son avis, au-delà de faire circuler les idées, cela permettrait de voir une Afrique moins morcelée. Son compère Thierry Akpo note pour sa part que ce projet ambitieux de gouvernement d'union soulève certaines inquiétudes. Avec notamment ces initiatives prises (l'exemple du Prix de la Cedeao en Littérature) mais qui peinent à maintenir leur flamme. Autre inquiétude soulevée par les acteurs : quelles bases institutionnelles pour ce gouvernement continental face à des Africains toujours attachés à leurs Etats par crainte de l'aventure.

Mais le poète Birame Ndeck Ndiaye se veut optimiste et pense que ce grand Etat africain devrait se bâtir petit à petit, en s'appuyant sur les unions monétaires déjà existantes. Parce que la motivation des dirigeants devrait se trouver plus dans un souci de travailler pour les générations futures. L'un des préalables est selon lui d'établir une liberté de circulation pour les artistes et autres biens culturels.

La question culturelle, préconise le président de l'Association des métiers de la musique, doit être prise de manière spécifique par le gouvernement d'union. Le drame aujourd'hui est que les jeunes du continent, qui sont prompts à réciter la discographie d'un rappeur américain, se désole Aziz Dieng, ne connaissent pas leurs propres artistes.

Abondant dans le même sens, le lead vocal du Positive Black Soul 'Radikal', Didier Awadi, insiste sur la nécessité d'accompagner le travail engagé avec la musique. Parce que, note-t-il, les politiciens n'ont pas encore réussi à faire passer le message du président Nkrumah, lancé au lendemain des Indépendances. Aujourd'hui, 'les dirigeants doivent protéger nos économies et éviter de signer n'importe quel accord'.

Aussi, s'agit-il pour la jeunesse africaine, 'qui a son mot à dire', de participer à cette démarche continentale. C'est ce à quoi s'attellent les acteurs investis dans le projet des Artistes unis du rap africain (Aura). Et c'est suivant le même esprit, poursuit Awadi, qu'ils réfléchissent sur les différents discours prononcés dans le cadre de l'Union africaine depuis les années soixante.

© Wal Fadjri (http://www.walf.sn)

Comments

Display Order
Only logged in users are allowed to comment. register/log in