Yat Fu/Bill Diakhou, une connexion humanitaire

Le rap, ce n’est pas seulement de la contestation. Ce n’est pas également se limiter à produire des casettes sur le marché, à donner des concerts çà et là pour empocher des recettes. Le rap, c’est aussi pour soutenir les démunis mais surtout pour aider les enfants malades. C’est cette vision que Bill Diakhou et les rappeurs de Yat Fu ont du mouvement hip hop, lorsqu’ils ont sillonné récemment et pendant plus d’un mois, l’intérieur du pays. “ Aide Enfant Humanitaire ” est le nom qu’ils ont donné à leur connexion. Une connexion de rappeurs pour chanter et danser en faveur des enfants malades. <ANIMES D’UN ELAN DE SOLIDARITE ET DE GENEROSITE, Bill Diakhou, Jojo et Gofu (Dray Gun, le troisième possee de Yat Fu est malade) ont donné des concerts à Ziguinchor, Kolda, Vélingara, Kounkané, Tambacounda, Diourbel, Mbacké, Guéoul, Darou Mouhty, Dahra, Kébémer, Sagatta, Bambey, Ndande et bien d’autres localités des profondeurs du Sénégal. Les recettes des spectacles sont utilisées pour faire de l’humanitaire, selon les rappeurs.

“ Nous voulions montrer un autre visage des rappeurs et du mouvement hip hop. Deux groupes de rap qui font une connexion au service de l’humanitaire, c’est une première. Et nous n’avons pas choisi seulement les grande villes, car nous avons même parfois joué dans des villages. Nous pensons qu’il est judicieux de penser aux autres qui n’ont pas la chance de nous voir régulièrement. Seulement, il ne s’agissait pas d’aller vers eux tout simplement. Il fallait aussi leur être utile autrement que par le son. Ainsi, les recettes ont servi à acheter des médicaments destinés aux enfants malades ”, ont expliqué les rappeurs et leur manager, en tirant le bilan de leur tournée. Pour eux, “ Aide Enfant Humanitaire ”, est une manière d’affirmer une citoyenneté. “ D’un côté, la caravane des “ Vacances citoyennes ” sillonnait le pays et de l’autre notre connexion. Etant entendu que nous sommes un facteur de mobilisation, nous en avons profité pour lancer des messages et sensibiliser sur des problèmes de jeunesse. C’est là une manière pour les rappeurs d’apporter leur pierre à la construction de la Nation ”, argumente le manager Moustapha Baldé.

A l’entame de la tournée, les rappeurs disposaient de 750.000 FCFA à investir pour la cause humanitaire. Mais “ pour mieux réussir la mission ” qu’ils se sont assignés, ils ont eu des contacts avec de bonnes volontés, notamment avec Abdou Latif Guèye, ambassadeur itinérant de “ Afrique Aide Afrique ” qui leur a accordé une subvention de 400.000 FCFA. “ Il ne s’agit pas de récupération politique, car nous n’avons pas traité avec Abdou Latif Guèye, l’homme politique. Mais plutôt dans le cadre d’AAA. D’ailleurs, il n’a pas cherché à nous orienter. Il sait que la politique ne nous intéresse pas ”, clarifie Gufu de Yat Fu. Ils ont été également soutenus par le fournisseur Baye Dame Fall, surtout pour la dotation de médicaments. “ Nous ne sommes pas allés vers les sponsors. Le défi dans cette tournée était de réussir une pareille action sans du sponsoring ”, poursuit Moustapha Baldé.

Tout en affirmant que les autorités locales les ont bien accueillis, les rappeurs déclarent avoir travaillé en collaboration avec les structures de jeunes en général et avec les Centres de Conseil Ados en particulier. “ Nous avons arrêté la tournée à cause de la rentrée scolaire. Mais, nous comptons repartir dans six mois. Ainsi, nous appelons tous les autres rappeurs à s’investir dans l’humanitaire. Car, le rap, c’est aussi de l’humanisme ”, concluent les possee.

BABACAR DIOP © Le Soleil (www.lesoleil.sn)

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