7e édition du festival « banlieue rythme »

La banlieue a vibré !

Fin du festival « Banlieue Rythme » le dimanche soir, après trois journées de concerts associant artistes issus de la banlieue et stars sénégalaises et internationales. Retour sur cet évènement qui a enflammé Guédiawaye et animé de nombreuses scènes dakaroises.

Coumba Gawlo Seck, la « reine du Mbalax » sénégalais, a sans conteste été la principale attraction de la soirée de Samedi sur le site de la cité des enseignants de Guédiawaye. Sa présence scénique étincelante à l'image de sa robe brodée d'argent, lui a permis de jouer avec un public en liesse. Le tempo du mbalax associé à la voix de cette diva qui chante le combat de la femme, la dignité de ses soeurs ou l'amour, a enfin fait danser un public qui restait jusque-là très timide. Mais le mbalax n'est pas la musique la plus populaire du Sénégal pour rien et le talent de Coumba Gawlo a eu le mérite de faire chavirer la foule tant il est vrai que les prestations précédentes n'avaient pas reçu un tel écho.

Le rappeur malien Pattapound avait eu beau slamer un rap agressif qui dénonçait la collusion entre politique et monde des affaires, les jeunes de Guédiawaye ne semblaient pas d'humeur en ce début de soirée. Un peu plus tôt, la chanteuse ivoirienne, Manou Gallo, qui se produisait pour la première en Afrique (elle réside à Bruxelles), avait pourtant réussi une prestation de choix en mêlant basse, guitare, batterie et percussions.

Les sonorités acoustiques, avec un tempo de rock mélangé à la voix porteuse de la chanteuse, étonnaient plus qu'ils n'entraînaient ! Malgré cela, Manou Gallo, parfois décontenancée sur scène, s'est affirmée contente de sa prestation et des réactions, consciente de l'originalité de sa musique au pays du hip-hop et du mbalax. Mais n'est-ce pas là aussi la vocation de « Banlieue Rythme » que de faire découvrir de nouvelles musiques aux jeunes de la banlieue dakaroise, échanger des expériences et des sonorités ? Promouvoir les activités culturelles des banlieues

Pour s'en convaincre, il suffisait d'assister aux ateliers musicaux qui ont lieu depuis le 28 avril et auxquels participaient les artistes internationaux comme les artistes locaux. « Captivant » ! affirmait un jeune rappeur de Pikine impressionné par l'apport d'un instrument traditionnel comme la Kora au hip-hop. En effet, la vocation du festival « Banlieue Rythme » est de promouvoir les activités culturelles des banlieues, de les faire connaître et de les enrichir. C'est ce qui explique la multiplicité des scènes (Guédiawaye, Yengoulène, Institut Français Léopold Sédar Senghor, Magic Land), des styles musicaux (rap, percussions, musique traditionnelle, reggae, mbalax, reggaeton...) et des activités culturelles promues (musique, expositions de peintures et grafs, démonstration de rollers...).

Par-dessus tout, c'est l'univers urbain des banlieues et les formes culturelles qui émanent de ce milieu qui étaient à l'honneur. Le gros du festival était d'ailleurs concentré à Guédiawaye tout comme les têtes d'affiche pour les concerts. Les prestations à l'Iflss (samedi) ou celles de Yengoulène (vendredi) n'avaient pas la même vocation tant la ferveur populaire était présente à Guédiawaye.

Il est vrai que les manifestations qui ont eu lieu dans Dakar semblaient plus faites pour donner une visibilité internationale, légitime, que pour un échange avec les banlieues. De même la scène de vendredi soir à Yengoulène n'a pas connu le succès escompté. Le public, peu nombreux, a cependant eu droit à une prestation agressive du rappeur Reskape, de la démonstration plus posée du groupe Still ou encore de celle du collectif Clip pro, composé de gabonais, qui s'est essayé à du reggaeton, pour ne citer que ceux-ci.

Encore une fois, la liesse collective était du côté du Boulevard de la mairie de Guédiawaye vendredi soir où Didier Awadi, l'un des membres fondateurs du mythique Positive Black soul, a mis le feu. Le hip-hop sous toutes ces formes qui explose depuis les milieux des années 90 a lui aussi ses stars. Ainsi, si le festival « Banlieue Rythme » a connu quelques problèmes pour cette septième édition, le message reste fort. Les artistes et le public ont répondu présents et se sont impliqués. Bref, la fête fut au rendez-vous.

© Sud Quotidien (http://www.sudonline.sn/)

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