Hip Hop forever, ou la complainte des teenagers de capsi

Ils étaient en 1998, cinq jeunes adolescents dans les rues de liberté V à rêver de percer l'écran et de vivre leur passion pour le rap. Mais les nombreux rendez-vous ratés avec le destin ont fini par faire abandonner les autres. Et Cheikh Tidiane Diagne et Yves Vincent Coly sont les seuls rescapés du groupe Diapo.

Ils ont cru en eux-mêmes et, aujourd'hui, leur rêve s'est réalisé. Cheikh Tidiane Diagne alias Mak et Yves Vincent Coly alias Kno, ces deux jeunes du groupe Diapo ou Défenseur international des Africains positifs qui, en quittant Liberté V, se sont fait adopter par le public de l'île de Gorée, viennent de mettre sur le marché une auto-production baptisée Hip hop forever. Et ce titre a été choisi en souvenir de toutes les difficultés qu'ils ont eu à rencontrer. Mais qui n'ont jamais pu les amener à remettre en cause leur union avec le rap. Mais également leur rôle de porte-voix des masses opprimées et de pionnier du panafricanisme. Un dévouement au service de l'intégration africaine que Mak et Kno concrétisent dans l'un des six tubes qui composent l'album, à savoir Mama Africa en featuring avec le groupe Da brains. Car le plus important pour ces citoyens de l'île du souvenir est d'engager une lutte sans merci contre tous les fléaux qui avilissent le berceau de l'humanité.

C'est pour marquer leur fidélité à cette logique que les membres de Diapo ont choisi de parler des phénomènes de l'immigration, de la dépravation des moeurs en lieu et place des coups de rafales que les rapeurs envoient souvent aux politiciens. 'Nous dénonçons tous les mêmes travers depuis 1963, affirme Mak, mais les choses n'ont pas changé pour autant. Et c'est la raison pour laquelle nous invitons les peuples d'Afrique à agir concrètement au lieu de dénoncer tout le temps'.

Mak et Kno ont déjà eu l'occasion de faire entendre ce message dans différents événements auxquels ils ont été conviés. A Dakar notamment lors des concerts 'Stop sida' ou 'Gorée diaspora festival' entre autres. Cependant, Dakar n'est pas le Sénégal. Ils comptent enivrer les autres régions du Sénégal de leurs mélodies, mais également apporter leur message de paix et d'union, car c'est la seule force de l'Afrique, selon le Défenseur international des Africains positifs.

© Wal Fadjri (http://www.walf.sn)

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