Sunugal diffusée sur le net - Awadi porte le débat de l'émigration sur la toile

Avant même la sortie de l'album Sunugaal, le 19 juillet dernier, des internautes ont eu la primeur d'écouter ce tube.

Accompagnée d'images assez dures, cette première expérience sur la toile mondiale a permis d'échanger sur un sujet délicat.

Des photos d'immigrés, arrivant sur les plages des Iles Canaries. Une pirogue de migrants transportant de jeunes garçons, avec des visages où se mêlent fatigue et désespoir, mais surtout rongés par la faim et la soif. Certains recevant les premiers secours médicaux des gardes-côtes espagnols Ce sont là autant d'images tragiques qui se succèdent et appuient les paroles de la chanson Sunugaal du rappeur sénégalais Didier Awadi. Et sa voix, empreinte de tristesse, crie le désespoir de ces émigrés clandestins.

'C'est la première fois que j'utilise ce moyen pour faire passer un message', fait savoir Didier Awadi. L'idée, précise le rappeur, vient de son webmaster. Cette première expérience sur le Net est ponctuée de photos-textes choisies pour donner encore plus de force aux mots. L'objectif est de montrer aux yeux du monde la situation plus que précaire de ces clandestins. Et que plus jamais ça ne se produit. Une façon, selon le rappeur, de toucher tout le monde.

Car, ce sujet, estime le leader du groupe Pbs Radikal, 'est délicat et concerne tout le monde'. Et l'impact a été visible. Aujourd'hui, note Didier Awadi, 'nous sommes à plus de deux cent mille connexions sur le site. Le titre a fait le tour des continents'. Des feed-back du monde entier ont été enregistrés. Les médias du monde se sont intéressés à ce tube : Bbc, Rtbf, Reuters, Rfi, Tv5, des télévisions allemandes, etc. Des sites sur le Net se sont faits le relais de ce site aussi. Les réactions n'ont pas tardé. Peut-être que, pense le rappeur, 'le sujet est assez sérieux pour que tout le monde se sent concerné'. De l'avis de Didier Awadi, la grosse communication aujourd'hui se fera sur Internet'. Mais l'avantage, souligne l'interprète de Sunugaal, 'est qu'en plus sur Internet, on est libre. Il n'y a aucune censure. On peut tout y faire sans restriction'. Alors, des gens se sont retrouvés pour partager les mêmes idées. Militants engagés dans le monde, les internautes ont essayé de continuer la réflexion suscitée dans le titre. Car, pense le chanteur, 'le titre est un début de réflexion'. Le but est de faire réfléchir autant les autorités que les jeunes. 'Pour moi, c'est autant l'échec des autorités, que l'échec de notre génération aussi', avoue Didier Awadi. Car, estime-t-il, 'nous n'avons pas su donner les bons messages pour que les jeunes aient de l'espoir. Tout le monde à une part de responsabilité sur ce phénomène. Ce morceau doit nous faire réfléchir'.

C'est alors que des séances de brain storming ont lieu pour trouver les bonnes idées et autres paramètres pour redonner espoir à ces jeunes. La solution, indique l'artiste, n'est pas de fuir mais de rester. Des retombées de cette initiative, le rappeur soutient ne guère en attendre grand-chose. 'il n'y a pas de but commercial derrière cette chanson. Il est hors de question que je tire profit de gens qui meurent. Si la diffusion sur Internet permet de faire bouger les choses, alors je suis prêt à recommencer', note-t-il.

Cependant, avertit Didier Awadi, les téléspectateurs ne verront pas ce clip. Car, lance notre interlocuteur, 'ce clip n'est pas destiné à la Télévision nationale sénégalaise'. Non pas parce qu'il a été censuré. Même si, fait-il remarquer, la Rts n'a pas apprécié la liberté de ton. Et l'avantage sur Internet est qu' 'au moins on ne sera pas censuré', se réjouit le leader du Pbs Radikal.

© Wal Fadjri (http://www.walf.sn)

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