Mouvement hip hop : quand les jeunes déclament leurs quatre vérités

Le « Hip hop Campus » dans le cadre de ses activités socio-culturelles a organisé la semaine dernière une conférence sur le thème « le hip hop et les études ». Une rencontre qui a permis de retracer l'histoire du hip hop, en faisant un focus sur son arrivée au Sénégal et en mettant en valeur ses aspects positifs.

Selon le conférencier, Abdoulaye Niang , sociologue chargé des Travaux Dirigés à l'Université Gaston Berger, le hip hop ne peut plus être ignoré. Ainsi, ne peut-on plus parler de projets de société sans ses aspects. En fait, indique M. Niang, le hip hop peut être porteur d'un mouvement social. Il est véhicule d'une certaine culture avec des normes, des modèles différents de ceux qui sont en vigueur dans la société. Ã- son avis, le hip hop s'est posé comme une force de proposition. Dans son discours, il y a un fondement réel qui trouve un moyen de réalisation très concret dans les pratiques quotidiennes des populations. Il a été suggéré à ces dernières de travailler à mieux connaître ce mouvement. Faisant le rapprochement entre le hip hop et les études, Damel Mc, étudiant en 3ème cycle de Lettres Modernes à l'UCAD, apprend que l'on peut être intellectuel et faire du hip hop. Cela ne peut être qu'un plus. « On peut avoir un bon niveau dans le rap tout en poursuivant ses études supérieures. On a plus à y gagner qu'à y perdre » avance-t-il. Mais le problème qui se pose, signalent les participants à la conférence, « est que, si l'on veut se professionnaliser dans la musique, on court le risque d'abandonner ses études ». Le constat général, dégagé lors de la rencontre, est qu'il y a un intérêt pour un rappeur de faire des études supérieures qui peuvent contribuer, fortement, non seulement à sa formation intellectuelle, mais également à sa carrière musicale. « En ayant une bonne assise intellectuelle, le rappeur peut traiter de manière intelligente tous les thèmes qui se rapportent à la société et qui demandent d'avoir un bon bagage ». Lors de la conférence, il a été déploré le fait que « les gens ne conçoivent pas les rappeurs comme de véritables littéraires ».

Pour Damel Mc, les chercheurs ne se sont jamais intéressés au rap en tant que producteur autonome de sens. Il précise en outre, que le rap est doublement littéraire en ce sens qu'il est de la prose et de la poésie.

Il indique cependant la voie aux chercheurs en leur disant « qu'il y a un trésor inépuisable dans le rap, qui leur permettra d'écrire pleins d'ouvrages ».

En retraçant l'histoire du mouvement hip hop qui, selon Abdoulaye Niang, remonte (dans certaines versions) jusqu'en 1784, avec la fondation de l'Eglise Baptiste en Ethiopie, il fait savoir que « c'était là, un début de prise de parole de la minorité ». Mais à partir des années 60, des groupes commencent à naître pour jouer un rôle extrêmement important de « Conscientiseurs » des masses et qui avait une influence considérable. Par ailleurs, signale M.Niang, le DJ est à l'origine de l'émergence du hip hop qui a beaucoup évolué aujourd'hui.

Ã- l'en croire, le hip hop est né d'un assemblage assez disparate, concernant aussi bien la tradition africaine- américaine, mais également la conjonction de plusieurs facteurs. Pour lui, le hip hop, tel qu'on le connaît aujourd'hui, vient des Etats-Unis , même si on peut établir ses relations avec l'Afrique. Ã- son arrivée au Sénégal vers les années 80, le hip hop, note M. Niang, était exprimé sous la forme d'une danse.

C'était d'abord une mode. Ã- ce moment, il n'était pas un hip hop engagé, comme à l'heure actuelle, conscient des opportunités que représente la société. Aujourd'hui, il est devenu beaucoup plus créatif et mérite, selon M.Niang, d'être réellement connu à travers la société.

© Le Soleil (http://www.lesoleil.sn)

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