DLJ Sound : les "apôtres" du rap-fusion

Il y a un rap sénégalais. Ce style est riche d'une musique qu'inspirent ces artistes qui refusent de s'«américaniser». Au sein du posse Dlj Sound, on s'investit pour une expression musicale originale, tout en accordant une oreille attentive aux sonorités nouvelles.

Léopold Senghor «Léo», Abdoulaye Njathie «Laye» et Hervé Gomis «One J» ont une passion commune : vivre au rythme des musiques du mouvement hip hop. Les ambitions définies, les trois compères entament l'exploration des sonorités rap. Avec comme philosophie : Sante, Mou- ak Moytou, qui veut dire en substance «adopter la zen attitude».

Cette règle de vie a jeté les bases en 1996 du groupe Dlj Sound. La bande à Léo a, dès le début, voulu marquer une rupture en développant différents styles musicaux. Ainsi, One J s'illustre dans le dance hall et Laye se veut un apôtre de la soul musique, du chant. Quant à Léo, il ne vibre que par le rap. Et c'est parce que «l'idée au départ, rappelle ce dernier, était de produire un rap sénégalais qui définirait l'originalité du groupe». «Nous avons très tôt compris qu'un artiste comme Laye n'a pas besoin d'américaniser sa voix», fait remarquer Léo qui ajoute : «ce chanteur a des qualités intrinsèques qui renvoient à ses origines sénégalaises».

La formation du groupe Dlj Sound a coïncidé avec la période du posse Jant B, l'un des groupes phares du quartier Dieuppeul. Au Dlj Sound, on était conscient qu'il fallait se tracer une voie pour... s'imposer. Mais chemin faisant, les trois compères ont senti la nécessité de s'ouvrir aux autres rythmes, aux mélodies classiques. L'ambition était de développer un rap-fusion. Aujourd'hui, la mayonnaise a bien pris avec la sortie de l'album, Amoul Bayi, au mois de mars dernier. Le deuxième que le groupe Dlj Sound ait mis sur le marché, après la cassette Wadiour, sortie en 2002.

Amoul Bayi s'est ainsi distingué des autres albums rap grâce à un featuring avec le «chef d'état-major des ambianceurs», Fallou Dieng, dans le titre Koleré. «Le succès connu avec cette fusion, souligne Léo, nous montre que la musique n'a pas de frontières». Appuyant les propos de son poulain, le manager du groupe, Papis Senghor, soutient que «tant qu'on reste dans le cadre du hip hop, il n'est pas interdit de faire du featuring».

Le rap est souvent défini comme une «musique de rue». Mais avec le Dlj Sound, la règle est claire : éviter de heurter la sensibilité des mélomanes et faire preuve de maturité, de pertinence dans l'écriture des textes.

© Wal Fadjri (http://www.walf.sn)

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