Ibrahima Sylla, producteur : ''La musique, un facteur de rapprochement des peupl
De passage à Paris pour la préparation de la seconde phase de sa tournée en Afrique de l’Est, la Caravane africaine pour la paix et la solidarité a rendu visite à Ibrahima Sylla, un grand producteur de la musique africaine. Pour avoir beaucoup voyagé dans le continent, cet homme mène depuis de longues années un combat pour la paix et l’intégrité du continent noir. Dans les productions qu’il met sur le marché mondial, des artistes africains y poussent généralement des cris du cœur pour l’arrêt des massacres interethniques et pour la reconnaissance de la culture en général dans les politiques gouvernementales africaines.
PARIS- Dans le milieu du show-biz, il y a des gens reconnus comme des barons, des incontournables. Ils ont une solide connaissance de la musique. Selon Ibrahima Sylla, “ dans le show-biz, la reconnaissance est une denrée rare ”.Pour avoir totalisé plus de 21 ans dans ce milieu, il essaie de cultiver la reconnaissance dans ses relations avec les artistes et avec les autres militants de la culture en général. Gestionnaire de formation, c’est en 1979 qu'il a commencé son aventure dans le show-biz. Il a d’abord travaillé chez le label “ Jambar ” avant de songer à faire cavalier seul un an plus tard. Son objectif était d’être le numéro un de la production musicale africaine. Sans moyen matériel et financier, il était sûr de s’embarquer dans la galère. Poussé par la volonté et un amour fou pour la musique, il a fini par convaincre son père, un grand marabout, qui lui a donné un financement pour démarrer ses activités. Mieux faire connaître la musique africaine sur la planète était, pour lui, un défi de taille qu’il fallait nécessairement relever. Aujourd’hui, cet objectif semble être atteint, même s’il n’est pas encore satisfait de son travail. Si l’on sait que les artistes dont les premiers pas sur la scène internationale ont été guidés par le “ Syllart productions ” sont devenus des incontournables dans les grands rendez-vous musicaux, Sylla peut alors s’estimer heureux. Parmi ceux-là, on peut citer Ismaël Lô, Baaba Maal, Coumba Gawlo Seck, Koffi Olomidé, le groupe Cabo Verde Show, entre autres. La plupart des premières productions de “ Syllart ” ont été enregistrées dans le studio “Golden Boys ” de Francis Arfang Senghor, fils du premier président de la République du Sénégal, Léopold Sédar Senghor. C’est en 1983 que démarrent réellement les activités de “ Syllart Productions ” avec les groupes “ Guëstu ”, “ Tam Tam 200 ”, “ Baobab ”, Gnonas Pédro et le Zaïrois Bo Pol.
Avec la renaissance de la musique afro-cubaine dans le monde, Ibrahima Sylla a enrichi son label par la création d’un groupe africain de salsa, “ Africando ”, pour répondre à l’attente du grand public. Créé en 1992, “ Africando ” est une autre manière, pour lui, d’avancer plus concrètement dans son combat pour l’unité, la paix et l’intégration africaine. Déjà, le nom “ Africando ” donné au groupe annonce les perspectives de cette formation. En fait, affirme Sylla, ce terme n’est rien d’autre que le mariage du nom Afrique au mot wolof “ Ando ” qui signifie “ ensemble ”. La particularité du groupe est qu’il excelle dans la salsa, un genre musical qui peut faire danser toutes les générations. “ Africando ” est un groupe dans lequel se retrouvent des musiciens venus de tous les coins du continent. “ Tout ce que je demande aux artistes avec qui je travaille, c’est de partir du feeling en essayant au maximum de ressortir l'image d'une Afrique renaissante assoiffée de paix et de stabilité ”, confirme Sylla. L’Afrique, selon lui, est l’un des rares continents au monde où chaque pays s’identifie par rapport à une riche histoire culturelle très variée.
LA PAIX ENTRE LES PEUPLES D’ABORD
Parlant justement de la situation actuelle de l'Afrique, Ibrahima Sylla pense que les hommes politiques ont terni son image durant ces dix dernières années, même si les artistes ont cherché à faire du continent une destination touristique. Toutefois, il est optimiste quant à l’avenir avec l’émergence des jeunes qui investissent le champ politique et qui ont une vision plus claire des attentes des populations. “ Nous ne pouvons que fonder un grand espoir sur la nouvelle génération d’hommes politiques à l’aube de ce troisième millénaire”, affirme-t-il, tout en souhaitant l’intégration d’une bonne politique culturelle dans les activités gouvernementales. La culture, affirme-t-il, est d’une rentabilité économique certaine pouvant faire rentrer des devises. Il pense qu’il faudrait simplement créer les infrastructures et privilégier les compétences. Il cite le cas du Sénégal où presque tous les grands groupes sont maintenant devenus des entreprises dans lesquelles des pères des hommes et femmes gagnent honnêtement leur vie.
Loin de penser que l’unité africaine est une utopie, Ibrahima Sylla estime tout de même “ qu’il nous reste encore du chemin à faire avant d’arriver à la réalisation de ce rêve ”. Selon lui, il faudrait d’abord arriver à éradiquer le système des castes dans tous les pays africains afin de faire reconnaître que les hommes naissent libres et égaux. Pour Sylla, l'unité africaine voudrait dire défendre ensemble nos intérêts communs, sans distinction de race ou d’ethnie. Il faudrait que les Africains puissent circuler librement à travers le continent, ce qui n’est par exemple pas le cas au pays Kenya où le visa d’entrée est systématiquement refusé aux Africains de l’Ouest. Pour réaliser cette unité, il estime que l’expulsion des populations d’un pays africain vers un autre doit arrêter, de même que la rébellion dans les zones frontalières ainsi que les conflits en Casamance, en Guinée, en Sierra Leone, au Mali, en Ethiopie, au Burundi, au Rwanda, en RDC, etc.
DE NOTRE ENVOYE SPECIAL OUSMANE MBAYE © Le Soleil (www.lesoleil.sn)
Avec la renaissance de la musique afro-cubaine dans le monde, Ibrahima Sylla a enrichi son label par la création d’un groupe africain de salsa, “ Africando ”, pour répondre à l’attente du grand public. Créé en 1992, “ Africando ” est une autre manière, pour lui, d’avancer plus concrètement dans son combat pour l’unité, la paix et l’intégration africaine. Déjà, le nom “ Africando ” donné au groupe annonce les perspectives de cette formation. En fait, affirme Sylla, ce terme n’est rien d’autre que le mariage du nom Afrique au mot wolof “ Ando ” qui signifie “ ensemble ”. La particularité du groupe est qu’il excelle dans la salsa, un genre musical qui peut faire danser toutes les générations. “ Africando ” est un groupe dans lequel se retrouvent des musiciens venus de tous les coins du continent. “ Tout ce que je demande aux artistes avec qui je travaille, c’est de partir du feeling en essayant au maximum de ressortir l'image d'une Afrique renaissante assoiffée de paix et de stabilité ”, confirme Sylla. L’Afrique, selon lui, est l’un des rares continents au monde où chaque pays s’identifie par rapport à une riche histoire culturelle très variée.
LA PAIX ENTRE LES PEUPLES D’ABORD
Parlant justement de la situation actuelle de l'Afrique, Ibrahima Sylla pense que les hommes politiques ont terni son image durant ces dix dernières années, même si les artistes ont cherché à faire du continent une destination touristique. Toutefois, il est optimiste quant à l’avenir avec l’émergence des jeunes qui investissent le champ politique et qui ont une vision plus claire des attentes des populations. “ Nous ne pouvons que fonder un grand espoir sur la nouvelle génération d’hommes politiques à l’aube de ce troisième millénaire”, affirme-t-il, tout en souhaitant l’intégration d’une bonne politique culturelle dans les activités gouvernementales. La culture, affirme-t-il, est d’une rentabilité économique certaine pouvant faire rentrer des devises. Il pense qu’il faudrait simplement créer les infrastructures et privilégier les compétences. Il cite le cas du Sénégal où presque tous les grands groupes sont maintenant devenus des entreprises dans lesquelles des pères des hommes et femmes gagnent honnêtement leur vie.
Loin de penser que l’unité africaine est une utopie, Ibrahima Sylla estime tout de même “ qu’il nous reste encore du chemin à faire avant d’arriver à la réalisation de ce rêve ”. Selon lui, il faudrait d’abord arriver à éradiquer le système des castes dans tous les pays africains afin de faire reconnaître que les hommes naissent libres et égaux. Pour Sylla, l'unité africaine voudrait dire défendre ensemble nos intérêts communs, sans distinction de race ou d’ethnie. Il faudrait que les Africains puissent circuler librement à travers le continent, ce qui n’est par exemple pas le cas au pays Kenya où le visa d’entrée est systématiquement refusé aux Africains de l’Ouest. Pour réaliser cette unité, il estime que l’expulsion des populations d’un pays africain vers un autre doit arrêter, de même que la rébellion dans les zones frontalières ainsi que les conflits en Casamance, en Guinée, en Sierra Leone, au Mali, en Ethiopie, au Burundi, au Rwanda, en RDC, etc.
DE NOTRE ENVOYE SPECIAL OUSMANE MBAYE © Le Soleil (www.lesoleil.sn)
No comments Yet

Comments