Concert à Genève : Daara ji cartonne à l'Undertown de Meyrin

Ils étaient tous là, le trio du Daara ji, Aladji Man, Fada Freddy et Ndongo Ji, avec leur Dj, ce vendredi à l'Undertown de Meyrin, pour un Concert du tonnerre en promotion de leur nouvel opus «Boomerang», sorti le 11 de ce mois. Le public a eu droit à un tour d'horizon des grands succès du groupe auxquels est venu s'ajouter leur nouveau bébé. A la fin du concert, le leader du FSB, groupe franco-suisse qui a assuré la première partie du Daara ji, déclare sans détour : «Ils ont franchement cartonné. Ils sont super bons!» Un juriste sénégalais habitant le quartier accompagné de son épouse Aïcha, lance pour sa part : «Ce sont de bons ambassadeurs de la culture sénégalaise.» L'organisateur du spectacle, Gianpaolo Gallo, explique l'invitation des rappeurs sénégalais : «Nous faisons tous les styles de promotion et les jeunes de Meyrin sont friands de ragga et de hip hop et, en écoutant le disque de Daara ji, nous l'avons trouvé très intéressant. Une musique très originale, et nous avons pensé inviter ces jeunes qui sont pour nous les fers de lance du hip hop africain. Les jeunes du quartier les apprécient fort bien. N'oubliez pas que nous sommes ouverts aussi à la musique africaine». Et Fada Freddy de nous confier : «Le rap a fait un boomerang, car il est né en Afrique et a émigré avec l'esclavage. Ses sonorités se trouvent toujours dans notre tradition orale, gardée dans le coeur de nos griots qui sont les véritables pères fondateurs du rap. Ecoutez un peu plus souvent les Tassous, les Takhourans et vous verrez... Donc, si aujourd'hui les Africains font le rap, c'est tout juste un retour, un «boomerang» et d'ajouter, tranquillement, tirant sur ses cheveux : «Si, auparavant, il y avait le Commerce triangulaire, nous parlons aujourd'hui de musique triangulaire, et le monde entier parle à travers une musique qui est universelle, c'est-à-dire le rap». Les jeunes du Daara ji prennent, au-delà du spectacle, leur travail comme un sacerdoce : «Notre engouement est de nous lancer dans la transmission des valeurs africaines, car nous avons des valeurs chez nous que nous avons envie de montrer à l'Occident et de lui en faire profiter. Il y a la Téranga sénégalaise, l'hospitalité, que nous sommes venue défendre. En Europe, beaucoup font la gueule. Chacun a peur de l'autre. Chez nous, c'est différent. Et justement, nous voulons leur dire que nous n'avons pas des richesses matérielles, mais des richesses humaines et que nous avons envie qu'ils partagent cette solidarité humaine». Le Conseil administratif de la commune de Meyrin semble partager l'idée du dialogue culturel, comme le rappelait Roger Portier dans Citoyens du Monde-Meyrin : «A l'heure où de tristes divisions ethniques, raciales, religieuses font couler le sang en plusieurs parties du monde, Meyrin, «cité radieuse», ose-t-on dire ici, témoigne de la cohabitation possible, heureuse même, de ces ethnies, races et religions. Oui, la possibilité de vivre ensemble est bien là». Demain, le Daara ji, joue au Nouveau Casino de Paris et fera la première partie des Rita Mitsouko au Grand Rex, avant de se rendre à Quimper et à l'Astrolabe d'Orléans. Cependant, Ndongo ji se veut rassurant pour les Fans du pays : «Nous avons manqué un concert à Dakar, car notre promoteur Furax a anticipé la sortie de notre album et la tournée devait vite suivre. Mais, respect «Gayi», nous avons été bien reçus à Genève, mais nous disons aux Fans Respect, «on arrive pour leur donner le concert qu'ils méritent». Ce sera au Centre Culturel français de Dakar.

© Le Soleil (www.lesoleil.sn)

Comments

Display Order
Only logged in users are allowed to comment. register/log in